Les Scythes

Les Scythes seraient restés ignorés du grand public, à l'instar de bien d'autres peuples barbares de l'Antiquité, si des expositions itinérantes sur les objets en or créés par leurs artistes et artisans n'avaient pas attiré l'attention sur eux. L'or continue d'exercer une véritable fascination sur les esprits. Il n'est pas étonnant que l'or des Scythes ait attiré les foules en plusieurs occasions, en France comme l'a fait aussi celui d'un autre peuple, mythique, celui des Amazones. Non que les historiens aient méconnu le rôle qu'ils ont joué dans l'histoire des Grecs et des Perses notamment. Le premier, "le père de l'histoire", Hérodote, a raconté leur histoire, décrit leur pays, leurs moeurs, parlé longuement du rôle qu'ils ont joué aux VIe et Ve siècles av.J.C.. Plus tard Alexandre les rencontre aussi sur son chemin et il préparait sans doute une expédition en Scythie quand il est mort. L'esquisse que nous nous proposons de faire incitera, nous l'espérons, les curieux à approfondir leurs connaissances.

Le nom

Il est le calque du nom grec Skuthès  (Σκυθής , pluriel Σκύθαι), qui désigne au pluriel à la fois les Scythes et tous les peuples du Nord-Est de l'Europe et du Nord de l'Asie, par suite au singulier un homme inculte, grossier, brutal. À Athènes, le mot désigne un gardien de police, parce que le corps était surtout composé de Scythes (dictionnaire Bailly).
En fait le peuple doit son nom au héros éponyme selon la légende grecque rapportée plus loin, Scythès, fils d'Héraclès et de la femme serpent (Hérodote, Histoires).
Dans la Bible, ils apparaissent sous le nom d'Achkenaz (Genèse). Vers 670 av. J.-C., un texte assyrien les appelle (a)Shgouzai ou (i)Shgouzai.

Les origines

Le pays des Scythes

L'histoire des Scythes

Ce qu'on peut savoir sur les Scythes

Dans ce qui précède, nous avons déjà donné nombre d'informations sur les peuples scythes (leur pays, leur histoire, leurs relations avec leurs voisins etc.). Il est temps d'aller plus loin. Nous serons amenés, par la force des choses, à nous répéter mais, pour l'essentiel, l'exposé qui va suivre apportera des éléments nouveaux et complémentaires.


Les origines

D'où venaient exactement les Scythes, on ne le sait pas. Les travaux des spécialistes placent leur base de départ dans une région comprise entre la mer d'Aral et le lac Baïkal, au Nord de la Mongolie, dans la Sibérie orientale. Comme environ 3500 kilomètres séparent les deux sites, on peut apprécier la marge d'incertitude. Cependant plusieurs tombes fouillées dans l'Altaï ont fourni des données intéressantes sur les peuples nomades de la région, en particulier les tombes gelées de Pazyrik. Ce qui est sûr c'est que ces hommes sont des Indo-Européens, différents des nomades d'origine mongole qui emprunteront plus tard le même couloir des steppes. Ce qu'atteste, outre leur aspect physique, leur langue, apparentée à l'Iranien, d'après les quelques mots qui nous sont parvenus. Notons au passage que l'ensemble de ces nomades parlaient des langues voisines mais différentes, dont nous n'avons pas de témoignages écrits. C'est dans l'art qu'on trouve une expression commune.

La durée de leur histoire

Au temps d'Hérodote déjà (Hérodote, Histoires), on leur attribuait (et ils s'attribuaient) une longue histoire et Justin voyait en eux, pour l'ancienneté, des rivaux des Égyptiens (Justin, Abrégé ). Si nous nous en tenons aux premières manifestations de leurs interventions en Asie Mineure, leur entrée dans l'histoire du monde intervient aux environs de 670 av. J.-C., deux cents ans avant l'Enquête d'Hérodote. Nous avons vu, même s'ils ne jouent plus guère de rôle dans l'histoire universelle, que la leur durera jusqu'au IVe siècle ap. J.-C. Ajoutons que leur culture se perpétue, de nos jours encore, dans le Caucase du Nord, chez les Ossètes (Georges Dumézil, L'épopée Narte).

Leur nombre

Nous ne pouvons donner, à titre de curiosité, qu'une évaluation, celle que les Scythes ont donnée à Hérodote qui déclare "n'avoir pu avoir des renseignements exacts". Elle suggère un grand nombre (Hérodote, Histoires).

Le type humain

L'art des Scythes qui fut longtemps un art animalier accorde une place importante à la représentation humaine à partir du IVe siècle av. J.-C.. Précisons que les hommes sont plus souvent représentés que les femmes. Ce sont souvent des guerriers, à pied ou à cheval ou occupés à une activité de la vie quotidienne (chasse, soins donnés à un blessé, deux personnages fraternisant en buvant dans un même rhyton, dressage d'un cheval etc.). Les rares figures féminines, si on fait abstraction de la période où l'influence grecque joue un rôle primordial dans l'orfèvrerie (par exemple, revêtement de goryte en or avec des scènes de la vie d'Achille), représentent des divinités ou des femmes en prière (tombe de Pazyrik dans laquelle la figure identifiée comme celle d'une déesse, faisant face à un cavalier ressemble d'ailleurs plus à un homme qu'à une femme). Les objets, très souvent de petites dimensions, ne permettent pas d'apprécier la taille des personnages, mais ils nous révèlent leur type et les particularités de leur aspect et de leurs vêtements.
N.B. Goryte : étui qui contient à la fois l'arc et les flèches

Ces hommes sont pourvus d'une grande barbe, de moustaches et, le plus souvent, d'une longue chevelure relevée en toupet sur le front et tombant librement sur les épaules et dans le dos ou rassemblée dans une sorte de chignon ou, semble-t-il, de natte. Barbe et coiffure nous paraissent parfois quelque peu hirsutes ; d'autres fois en revanche leur aspect témoigne du grand soin qui leur était apporté.

L'habillement et l'armement

La vie quotidienne. Répartition des tâches entre les hommes et les femmes chez les nomades.

Organisation politique et sociale

Les historiens considèrent que l'organisation de la société découle de la vie nomade. La recherche de nouveaux pâturages pour nourrir les bêtes après l'épuisement au moins temporaire de ceux sur lesquels ils étaient installés a conduit à des affrontements entre les clans et les tribus, d'où l'importance des guerriers et l'apparition d'une caste de puissants qui accaparent progressivement les richesses accumulées.
On distingue donc dans la population une aristocratie qui détient le pouvoir et constitue une caste de guerriers, le reste de la population étant répartie entre des hommes et des femmes libres, assurément, mais qui sont sous la domination des riches et qui mènent une vie plus difficile, et des esclaves dont nous verrons comment ils étaient traités. Il existait en outre une hiérarchie au sein de l'aristocratie, des "nomarques" étant placés à la tête de "nomes"qui regroupent plusieurs clans et tribus unis. Enfin des rois, qui exercent leur autorité sur des fédérations de tribus, disposaient d'un très grand pouvoir. La Scythie, toutefois, n'a jamais été une nation rassemblée durablement sous l'autorité d'un seul homme.

Moeurs et coutumes

Croyances religieuses, pratiques cultuelles, place de la magie et de la divination.

Les rites funéraires


 L'art des Scythes.

Les Kourganes

Nous présentons deux versions de l'histoire des kourganes, toutes deux très largement inspirées de l'ouvrage de Véronique Schiltz. L'une est relativement développée, l'autre en est un résumé. Les textes d'accompagnement sont mentionnés dans la version longue.

Caractère de l'art des Scythes (et des nomades)

Les objets créés

Quelle place tiennent l'homme et la femme dans cet art ?

Diffusion de l'art des Scythes. L'art des Scythes dans ses rapports avec l'art des autres nations

Le déclin de la culture scythe

Ce déclin, déjà évoqué, paraît d'autant plus mystérieux, à la fin du IVe siècle, qu'il succède à une période d'épanouissement particulièrement remarquable (cf la partie historique) qu'attestent les kourganes de cette période et même ceux du début du IIIe siècle. Il n'y a sans doute jamais eu un royaume scythe unifié malgré les efforts d'Itéas, qui meurt en 339 av. J.-C. dans une bataille livrée contre Philippe de Macédoine. Plus que les Macédoniens, vaincus à leur tour en 331 dans leur tentative d'invasion de la Scythie, ce sont les autres peuples nomades qui sont responsables de ce déclin, en particulier les Sarmates qui refoulent les Scythes vers l'Ouest. Ces cavaliers nomades se sédentarisent, créent des villes à l'abri des remparts desquelles ils vivent comme les Grecs, deviennent des commerçants, s'aventurent même sur la mer. Ils sont attaqués par Mithridate, roi du Pont, puis par les Romains. C'est dans cette Scythia minor qu'est exilé le poète latin Ovide (Ovide, Les Tristes). Les Scythes existent toujours mais il n'y a plus de culture scythe, d'art scythe, comme si leur existence était liée au nomadisme. "Depuis le IIIe siècle avant J.-C. en fait, la Scythie nomade a cessé d'exister. Avec les Sarmates, c'est l'Est qui prend sa revanche" (V. Schiltz).

Bibliographie

HISTOIRE DES SCYTHES : CHRONOLOGIE

CONCLUSION

Les Scythes : pour une appréhension plus juste


La vie dans la cité et hors de la cité Musée Vivant de l'Antiquité