Quelle place tiennent l'homme et la femme dans cet art ?

Pendant des siècles à peu près aucune. Il faut attendre le IVe siècle pour qu'on les voie apparaître, presque exclusivement les hommes, sur de nombreux objets : armes, bijoux, gobelets, vases et tissus (à Pazyryk). Dans le sud de la Russie et de l'Ukraine, les artistes qui travaillaient chez des peuples sédentaires ont été influencés par les Grecs autant qu'ils les ont influencés et s'est épanoui un art gréco-scythe.
Dans l'art proprement scythe, la femme apparaît rarement si ce n'est sous l'apparence d'une divinité féminine. Pourtant dans les tombes les princesses étaient honorées à l'égal des hommes, parées de tous leurs bijoux.
Les dieux ne sont pas représentés non plus, sauf exception (Papaios). En revanche les hommes le sont abondamment dans leurs activités quotidiennes : l'élevage, la chasse, la guerre. Dans le registre supérieur du torque de Tolstaïa Moguila (IVe siècle), un Scythe trait une brebis, deux autres, au centre, tirent, chacun d'un côté, sur une peau de mouton pour donner forme à ce qui est peut-être une tunique (V. Schiltz, Les Scythes). Ces scènes paisibles font contraste avec la violence de celles du registre inférieur. On y remarque pourtant que les acteurs conservent leurs armes à portée de mains : cela semble être une coutume. Sur une amphore en argent, une frise montre des Scythes occupés à dresser des chevaux. Un ornement de vêtement montre un Scythe à cheval, armé d'une lance, poursuivant un lièvre. Au sommet du peigne en or trouvé à Solokha (IVe siècle), un cavalier désarçonné dont le cheval blessé gît sur le dos affronte un adversaire à cheval, que suit un fantassin.
Dans cet univers d'hommes, les scènes de fraternisation apparaissent plusieurs fois : elles offrent le spectacle de deux Scythes buvant dans un même rhython. Sur un vase même, ils offrent leurs profils de telle manière qu'ils semblent ne faire plus qu'un.


Les Scythes