Le pays des Scythes

Venant de l'est, les Scythes, après des détours qui les ont conduits au coeur de l'Asie Mineure chez les Mèdes, en Assyrie et jusqu'aux frontières de l'Égypte (nous reviendrons sur ces événements) se sont installés, au Nord du Pont Euxin (=la mer Noire) et de la mer d'Azov (= le Palus Maiotis des Anciens), dans les grandes plaines du sud de la Russie et de l'Ukraine.
Leur territoire, un vaste quadrilatère, s'étendait, d'ouest en est, de l'Istros (=le Danube) à la mer d'Azov jusqu'au Tanaïs (=le Don), du sud au nord, du Pont Euxin et de la mer d'Azov à une région mal délimitée, où l'existence est réputée quasi impossible à cause du climat très rigoureux (huit mois de froid, de neige et de glace, l'hiver, et des étés pluvieux, où éclatent des orages d'une très grande violence) (Hérodote, Histoires) (Ovide, Les Tristes).
Hérodote à qui nous sommes redevables de toutes ces informations (à corriger sur certains points : les étés sont chauds dans la Russie méridionale) évalue les dimensions du pays en journées de marche, une journée de marche correspondant à deux cents stades, soit 35520 mètres, l'unité de mesure étant, pour cette évaluation, de 177,6 mètres. La distance parcourue est identique quand on va du nord au sud et d'est en ouest.
Pour Hérodote, la Scythie est donc un carré de 4000 stades (710 kilomètres de côté-Hérodote, textes). Au-delà de ces limites vivent des peuples dont on sait parfois peu de choses. Le mieux connu semble être celui des Sauromates qui habitent, au-delà du Tanaïs, une région sauvage et désertique, (Hérodote, Histoires).
Ces vastes plaines ne présentaient sans doute pas le même aspect qu'aujourd'hui : ce qui dominait, c'était, sur la plus grande partie, la steppe, boisée par endroits, qui fournissait aux troupeaux d'une population nomade une herbe excellente (Hérodote, Histoires) grâce à l'eau des fleuves qui la traversaient et de leurs affluents : outre ceux qui délimitent l'espace (l'Istros et le Tanaïs), le Tyras (=le Dniestr), l'Hypanis (=le Boug), le Borysthène (=le Dniepr), (Hérodote, Histoires), pour ne citer que les principaux, tous très poissonneux. Près des côtes, les terres cultivées donnaient des moissons abondantes.


Les Scythes