Les tâches des femmes

Chez ces nomades, si les hommes se déplacent à cheval, les femmes et les enfants sont transportés dans des chariots. Les Scythes n'ont pas de maison fixe. Des roulottes en tiennent lieu. Ce fait avait vivement frappé l'esprit des Grecs (Hérodote, Histoires). Maniables et démontables, ces roulottes assuraient une protection contre le froid et la chaleur par un toit fait de divers matériaux (feutre, cuir, fourrure, écorce de bouleau etc.).
Le mobilier, dont nous avons un bel exemplaire dans une table en bois démontable, trouvée dans une tombe de Pazyryk, était réduit au strict nécessaire. On a retrouvé de grands chaudrons en bronze dans lesquels on cuisait la viande mais la plupart du temps les ustensiles de cuisine étaient en bois, en écorce de bouleau ou en cuir. La poterie était rare.
Les femmes, associées aux hommes pour certaines tâches, travaillaient les matériaux que procuraient la chasse et l'élevage. Les moutons fournissaient la laine, à partir de la laine on obtenait un feutre très fin. Les animaux domestiques donnaient aussi du cuir, les animaux sauvages des peaux et des fourrures. Avec les tendons, on fabriquait le fil pour coudre les tissus et les peaux préalablement taillées et découpées. Les nomades avaient hérité des temps très anciens le savoir-faire nécessaire pour traiter les diverses matières premières fournies par l'élevage et la chasse.
Les tombes gelées de Sibérie, en particulier le kourgane N°5 de Pazyryk, où les matières périssables ont été conservées dans des conditions favorables, alors qu'elles ont disparu ailleurs, nous permettent de connaître et d'admirer le travail de la laine et du feutre dans des tentures murales, des couvertures de selles, des tapis. Ces objets postulent l'emploi de couteaux de tapis dont on a retrouvé les lames et de métiers à tisser primitifs, l'art de la teinture et de l'ornementation par des dessins géométriques et la représentation de daims, de chevaux et de cavaliers voire de personnages féminins (prêtresse). Les couleurs sont très variées et très riches, obtenues à partir de plantes (indigo), de vers, de cochenilles.
Aux femmes revenaient l'éducation des enfants, au moins jusqu'à un certain âge, et les tâches de la vie quotidienne, notamment la préparation des aliments, où les laitages et les viandes occupaient la place essentielle. Le pain était fait avec les céréales acquises auprès des sédentaires agriculteurs par des échanges ou par des razzias. La rareté du bois obligeait de cuire les viandes selon des méthodes économiques (Hérodote, Histoires). La pêche des poissons abondants dans les fleuves enrichissait probablement les repas. Rivières et fleuves assuraient aussi l'eau pour les hommes et pour les bêtes. La variété des ressources nécessaires à la vie des nomades a fait dire à Hérodote que "les Scythes ont en abondance ce qui est de première importance" (IV,59).
Les femmes vivaient, d'une manière générale, dans la dépendance des hommes mais, dans certaines tribus les jeunes femmes non mariées menaient une existence analogue à celle des hommes : elles chassaient et participaient à la guerre, sur un pied d'égalité et jouissaient de leur estime.


Les Scythes