Moeurs et coutumes

Ce que nous pouvons en dire n'est que le reflet de ce qu'en disaient les peuples qui avaient été en relation avec les Scythes et les récits d'Hérodote, lui-même tributaire de ses sources. Les témoignages mettent en avant l'extrême violence des hommes de cette nation, violence à l'intérieur, violence à l'égard des autres peuples, ce qui fonde la réputation dont ils ont joui en Asie Mineure et auprès des Grecs. Cette réputation s'étendait jusqu'en Inde et en Chine (Hérodote, Histoires).
Les rois ont droit de vie et de mort sur leurs sujets, les maîtres sur leurs esclaves, ce qui se retrouve ailleurs. Les Scythes, originalité unique si l'on en croit Hérodote, privent de la vue tous leurs esclaves, donc tous les prisonniers réduits à l'état d'esclaves, sans doute pour les empêcher de fuir (Hérodote, Histoires).
Il était de tradition, lorsqu'un guerrier tuait son premier ennemi, de boire son sang. Ils sciaient les crânes des ennemis, dont ils faisaient des coupes, ils outrageaient les corps des vaincus et en faisaient des trophées (Hérodote, Histoires). Lors des funérailles de leurs chefs, ils sacrifiaient des serviteurs, nous y reviendrons.
Par leur esprit belliqueux, leur brutalité, leur cruauté, ils inspiraient une très grande terreur à leurs voisins ou ennemis (Ancien Testament, Jérémie).
Dans ce peuple de guerriers, si le lâche était rejeté et tenu à l'écart, le brave était honoré dans des festins et recevait une part du butin. Il existait des liens très forts entre les combattants, qui se manifestaient par le rite de l'échange du sang, comme en témoignent les textes (Hérodote, Histoires) et les objets retrouvés dans les kourganes.

L'histoire de deux personnages, Anacharsis et Skylès, nous a donné l'occasion de constater la défiance qu'éprouvaient les Scythes à l'égard des autres peuples, en l'occurrence les Grecs.
Si ceux-ci ont porté un jugement sur les Scythes analogue à celui de leurs autres voisins, ils ont entretenu des relations sans doute plus suivies et plus régulières, du fait de la nécessité de pratiquer des échanges avec eux, tant sur le plan économique que sur le plan artistique.
Les Scythes ont exercé un grand attrait sur les Grecs, qui les ont distingués des autres peuples nomades (Hérodote, Histoires). Ils ont été séduits en particulier par la pureté de leurs moeurs, inventant bien avant notre XVIIIe siècle le mythe du bon sauvage (Justin, Abrégé).
On pense aussi à la description que donne Tacite des moeurs des Germains (Tacite, La Germanie)


Les Scythes