Croyances religieuses, pratiques cultuelles, place de la magie et de la divination.

Les Scythes rendent un culte à sept dieux (huit, chez les Scythes royaux). En les nommant, Hérodote a soin de citer les dieux du Panthéon grec auxquels ils correspondent, au moins pour une partie de leurs prérogatives et fonctions. Tabiti (=Hestia) est la déesse du feu, feu du cosmos, feu du foyer domestique, honorée particulièrement par les rois. Puis viennent Papaios (=Zeus, père des hommes et des dieux) et Api (=Gaia), considérée comme son épouse, Goitosyros (=Apollon), Argimpasa (=Aphrodite Ourania), Arès et Héraclès, dont nous ignorons les noms scythes, enfin, seulement chez les Scythes royaux Thagimasadas (=Poséidon dans sa relation particulière avec les chevaux).
Les spécialistes rapprochent aussi ces divinités des divinités indiennes, slaves, scandinaves
Ils relèvent des influences orientales (Asie Mineure). S'ils sacrifient aux dieux des animaux, ils ne leur érigent ni statues ni autels ni temples sauf à Arès, dieu de la guerre, auquel ils offrent des victimes humaines, des prisonniers de guerre (Hérodote, Histoires).
Goitosyros était détenteur d'un double pouvoir, bénéfique et maléfique : c'est de lui que dépend la fécondité des hommes et des bêtes, ainsi que leur prospérité. Il subsiste bien des lacunes dans la représentation des attributions et des pouvoirs des dieux mais la parenté de ces divinités avec celles des Indo-Européens, ainsi que leur vision du monde est indéniable (Andreï Alexeev, Nomades des steppes).
Il existait un clergé dont la fonction principale consistait à faire les sacrifices et à interpréter la volonté des dieux. La caste qui a le plus intrigué les Grecs est celle des Énarées. La relation avec les dieux est établie par la divination, dont la pratique pouvait être périlleuse pour les exécutants (Hérodote, Histoires).
Notons enfin l'importance du serment par lequel se lient deux hommes devant témoins, la fraternisation par le sang (Hérodote, Histoires).
En rapport avec la magie, probablement, la pratique des bains de vapeur obtenus en jetant des graines de chanvre sur des pierres rougies au feu, qui mettaient l'assistance dans un état d'ivresse et de délire, pratique qui serait en rapport avec les rites funéraires (texte d'Hérodote cité plus loin à propos des rites funéraires).


Les Scythes