Les rites funéraires

Cet aspect particulier des coutumes des Scythes, décrit longuement par Hérodote, est celui qui a étonné le plus et a donné lieu aux discussions les plus âpres, la question étant de savoir la part de vérité et d'affabulation dont on pouvait créditer l'auteur. Nous le citerons
abondamment et le confronterons avec les données de l'archéologie qui a pris son essor dès le XVIIIe siècle, quand Pierre Ier (Pierre le Grand) s'est intéressé à l'or de Sibérie.
Jusqu'à son époque en effet et même plus tardivement, dans la mesure où les résultats des fouilles entreprises aussi bien dans le sud de l'Ukraine et de la Russie que dans la région des monts de l'Altaï ne se sont répandus que lentement, on a disposé en Occident des seules sources littéraires pour connaître les pratiques funéraires des Scythes. Dans ce vaste espace qui s'étend du Nord du Pont Euxin jusqu'aux confins de la Mongolie, les kourganes, ces tumulus qui abritaient les restes des rois et des plus humbles de leurs sujets, ont livré progressivement leurs secrets. Ils se comptaient par milliers. Beaucoup avaient été pillés déjà dans des périodes anciennes, comme cela est arrivé en Égypte, en Étrurie et ailleurs, les
objets précieux en or qu'ils contenaient dispersés ou fondus dans la crainte de sanctions du pouvoir dans le cas où on les retrouverait chez des particuliers ou sur le marché. D'autres ont disparu avec le temps ou du fait des grands travaux entrepris (construction de barrages, par exemple dans la région de Zaropojié, celui de Kakhovka), de l'extension de l'agriculture, du développement des villes, ceux qui restent nous apprennent beaucoup de choses sur les coutumes funéraires des Scythes. Ils suffisent à donner une image précise de l'art des Scythes et des nomades des steppes. Plutôt que de paraphraser Hérodote, mieux vaut le citer (Hérodote, Histoires).
Hérodote a-t-il dit vrai ? Comment vérifier que son récit est véridique ? Avant de répondre à ces questions, rappelons qu'Hérodote, grand voyageur, a une connaissance directe au moins d'une partie du pays et de ses habitants, qu'il a fait un séjour à Olbia, qu'il a mené son enquête auprès des Grecs et, par l'intermédiaire d'interprètes, des Scythes eux-mêmes. Il a pu être abusé parfois, mais il manifeste un esprit critique, qui le met à l'abri des erreurs, même s'il aime les contes et le merveilleux. Les spécialistes contemporains de l'histoire des Scythes ne manquent pas de souligner ses mérites. Nous renvoyons à l'ouvrage de Véronique Schiltz, cité dans la bibliographie (chapitre : Hérodote et la mort scythe).
On relève des inexactitudes de détail : par exemple, dans les tombes, on a trouvé, outre les objets en or signalés par Hérodote, des pièces métalliques en argent et en bronze mais aussi des objets en os, en bois, en corne, des tissus etc.
Son récit est corroboré de deux façons :


Les Scythes