L'archéologie confirme le récit d'Hérodote

Une remarque préalable s'impose : les données recueillies par les archéologues de notre époque sont plus abondantes que ce qu'Hérodote a pu glaner au cours de son enquête, leur champ d'investigation étant beaucoup plus large dans le temps et l'espace. Hérodote est mort vers 425 av. J.-C. et il n'a connu que les Scythes du Nord du Pont Euxin. Nous avons en outre l'avantage de nous appuyer sur les découvertes faites dans des tombes qui ont été conservées intactes, ou peu s'en faut, et qui ont livré des objets disparus ailleurs (tombes gelées de Sibérie). La validité de ses dires n'en est pas moins soulignée par les spécialistes de notre époque (Véronique Schiltz, Les Scythes). Aussi bien en ce qui concerne la localisation des tombeaux, sur le cours inférieur du Dniepr (à la limite des Scythes nomades et des Scythes laboureurs), même si, il est vrai, les plus grands kourganes connus de cette région sont postérieurs à l'époque d'Hérodote, la description des funérailles et le choix d'une sépulture "royale", située à l'écart du monde des vivants, et revêtant de ce fait un caractère sacré (Véronique Schiltz, Les Scythes), la construction et l'agencement des tumulus qu'ils soient isolés ou forment des chaînes, leurs dimensions (tel d'entre eux atteignait neuf mètres de haut et avait un diamètre de soixante mètres. Encore ne s'agit-il pas du plus grand puisqu'on en connaît qui atteignent ou dépassent vingt mètres en hauteur), l'embaumement des corps (Natalia B. Polosmak, La prêtresse altaïque), les objets mis à la disposition des défunts pour leur vie dans l'au-delà, certains étant honorés par une profusion de bijoux en or, les serviteurs sacrifiés pour continuer le service qu'ils remplissaient auprès d'eux de leur vivant, servantes, cuisiniers, échansons, palefreniers auprès des chevaux également immolés
Un kourgane de Pazyryk confirme la réalité du rite de purification qui suivait les obsèques puisqu'on a trouvé les restes des nécessaires à la fumigation décrits par Hérodote. Cette recherche de l'extase est une démarche d'un caractère religieux qui suit les funérailles chez les Scythes mais qui peut avoir une autre fonction ailleurs (Hérodote, Histoires).


Les rites funéraires
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