Confirmation par comparaison avec des données de l'ethnologie.

La coutume d'éloigner les sépultures du monde des vivants se retrouve chez d'autres peuples, les Iraniens par exemple. Les marques d'affliction lors des obsèques sont communes à tous les peuples de l'Eurasie. Elles sont accompagnées d'automutilations chez les Ossètes, dont nous avons constaté déjà les rapports qu'ils entretiennent avec les Scythes. La présence de restes de chariots dans les tombes induit le transport du défunt, pratique attestée également dans les traditions des Ossètes et chez bien d'autres peuples d'origine indo-européenne ou mongole. Selon V. Schiltz, cette pérégrination du cadavre implique la nécessité de l'embaumement et permet en outre de recruter en chemin la main-d'oeuvre nécessaire à la construction des kourganes les plus imposants.
Des terribles cérémonies du bout de l'an nous ne saurions rien sans le témoignage d'Hérodote puisqu'elles se passent à l'extérieur des tombeaux et qu'il n'en reste rien. Nous en trouvons un écho non seulement dans l'épopée des Nartes chez les Ossètes mais dans les écrits des voyageurs occidentaux et arabes, au Moyen Âge, qui attestent cette coutume de disposer auprès d'une tombe un ou plusieurs chevaux empaillés (Ricold de Monte Croce et Ibn Battuta). Des restes de squelettes incomplets de chevaux trouvés à proximité d'un grand kourgane suggèrent la réalité de cette coutume (Véronique Schiltz, Les Scythes).
Chez les Massagètes, l'endocannibalisme décrit par Hérodote (Hérodote, Histoires), s'il n'est pas confirmé d'une manière absolument sûre par l'archéologie peut avoir aussi été pratiqué, semble-t-il, par les Scythes : c'est ce que suggère le prélèvement constaté, sur un corps d'un kourgane de Pazyryk, d'une partie des muscles de la fesse et de la cuisse.


Les rites funéraires
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