Simplicité et pureté des moeurs des Scythes. Le mythe du bon sauvage.

La nature les a faits justes, et non les lois. Le vol est, à leurs yeux, le plus grand des crimes.
Car, n'ayant que des troupeaux sans abri, sans clôture, que leur resterait-il, si le vol était permis ? Ils méprisent l'or et l'argent autant que les autres hommes les convoitent. Le lait et le miel composent toute leur nourriture ; l'usage de la laine et de nos vêtements leur est inconnu, et, quoique exposés à un froid continuel, ils n'opposent que des peaux de bêtes fauves à la rigueur du climat. Cette simplicité de moeurs contribue à les rendre justes et peu jaloux du bien d'autrui, car la cupidité suit l'usage des richesses. Plût aux Dieux que le reste des hommes eût la même modération, le même désintéressement! Le monde ne serait pas l'éternel théâtre de tant de guerres ; les combats et le fer moissonneraient moins d'êtres vivants que la loi de nature. Admirable spectacle que celui d'un peuple possédant instinctivement les vertus que les doctrines des sages, les maximes des philosophes n'ont pu donner à la Grèce, et la supériorité de leurs moeurs incultes sur notre civilisation! Tant il est vrai que les Scythes ont plus gagné à ignorer le vice, que les Grecs à connaître la vertu!

Justin, Abrégé, II, 2

N.B.: On n'aura pas de peine à repérer les insuffisances, voire les erreurs du récit de Justin


Moeurs et coutumes