Les sacrifices à Arès

À certaines divinités, les Scythes adressent des prières, à d'autres ils offrent des sacrifices. L'usage n'est pas d'élever des statues de culte, des autels ni des temples sinon à Arès.

Dans chaque district de leurs royaumes, ils ont un sanctuaire d'Arès établi de la façon
suivante : des fagots de menu bois sont entassés jusqu'à concurrence de trois stades en long et en large, moins en élévation ; sur ce tas est aménagée une plate-forme carrée ; trois des côtés sont à pic, on peut y monter par un seul. Chaque année, on y met une surcharge de cent cinquante chariots de branchages ; car le monceau s'affaisse constamment par l'effet des intempéries. Sur ce monceau, dans chaque district est planté un antique sabre de fer ; c'est la représentation d'Arès. À ce sabre, ils offrent des sacrifices annuels de bétail et de chevaux ; et, outre ce qu'ils offrent aux autres dieux, ils lui font encore ce genre d'offrandes : de tous les ennemis qu'ils capturent vivants, ils sacrifient un sur cent, non pas de la même façon qu'ils sacrifient le bétail, mais différemment. Après qu'on a versé des libations de vin sur la tête des victimes humaines, on les égorge au-dessus d'un vase ; on monte ensuite ce vase en haut du tas de branchages, et on répand le sang sur le sabre. Tandis qu'on porte le sang en haut, en bas près du monceau-sanctuaire, il se passe ceci : à tous les hommes immolés on coupe l'épaule droite et le bras, et on les lance en l'air ; puis,quand on en a fini avec les autres victimes, on s'en va ; le bras reste gisant là où il est tombé, et le corps de son côté.

Hérodote, Histoires, IV, 62


Croyances religieuses