La divination.

Les Scythes ont beaucoup de devins, qui exercent la divination en se servant d'un grand nombre de baguettes de saule, comme il suit. Ils apportent de gros faisceaux de baguettes, les déposent à terre, les délient, et prononcent des formules divinatoires en plaçant chaque baguette à part ; puis toujours prononçant ces formules, ils remettent les baguettes en faisceau, et, de nouveau, les déposent une par une. C'est là chez eux un procédé de divination ancestral.
Hérodote, Histoires, IV, 67

Risques courus par les devins.

Quand le roi des Scythes est malade, il envoie chercher trois devins, ceux qui sont les plus réputés ; ces devins procèdent comme je viens de le dire ; et ils font, en règle générale ou peu s'en faut, cette déclaration : qu'un tel ou un tel,-ils désignent celui des citoyens dont ils veulent parler,-a prêté un faux serment en jurant par les foyers royaux ; car c'est la coutume des Scythes de jurer de préférence par les foyers royaux lorsqu'ils veulent prêter le serment le plus solennel. On appréhende aussitôt, et on amène, celui qu'ils ont dit s'être parjuré ; lorsqu'il est arrivé, les devins l'accusent ; la divination, disent-ils, a révélé qu'il s'est parjuré en jurant par les foyers royaux, et c'est là la raison pour laquelle le roi est souffrant. Lui le nie, assure qu'il n'a pas prêté de faux serment, et s'indigne. En présence de cette dénégation, le roi envoie chercher d'autres devins, en nombre double ; si ceux-là aussi, en recourant à la divination, convainquent l'homme de parjure, on lui tranche la tête incontinent, et les premiers devins se partagent ses biens ; si au contraire les devins venus en second lieu le déclarent innocent, d'autres viennent et d'autres encore ; et, si la majorité déclare l'homme non coupable, c'en est fait des premiers devins qui eux-mêmes doivent périr.

(On fait périr les devins par le feu et le roi fait périr aussi tous les enfants mâles, épargnant seulement les filles).

Hérodote, Histoires, IV 68


Croyances religieuses