Sur le choix du lieu des tombes royales

Le choix pour la dernière demeure des rois d'un site particulier, à distance du lieu d'implantation des vivants et qui revêt du même coup un caractère sacré, est partagé par d'autres peuples iraniens. Qu'on songe aux tombes de Darius et de ses successeurs achéménides dans la falaise de Naqsh-i Rustam, à plusieurs kilomètres de Persépolis. De la sacralisation d'un territoire seul jugé digne, du coup, d'être défendu témoigne la réponse du roi scythe Idanthyrse à Darius qui se plaignait de ne pouvoir conquérir la Scythie faute d'un lieu où affronter un adversaire insaisissable :" [...] nous avons les tombeaux de nos pères ; eh bien, trouvez-les, essayez de les bouleverser ; et vous saurez alors si nous vous livrerons bataille pour ces tombeaux ou si nous refuserons le combat" (Hérodote, IV, 127.)

Véronique Schiltz, Les Scythes


Les rites funéraires