Coutumes chinoises

rapportées par un voyageur arabe du XIVe siècle, qui a séjourné en Chine, pendant quelques mois, en 1346.

Quelques jours après notre arrivée dans la capitale, la nouvelle de la mort du qân parvint. Alors la ville fut décorée ; les tambours, les cors, et les trompettes retentirent ; jeux et divertissements durèrent un mois . Puis on ramena la dépouille du qân avec cent cadavres de ses cousins, ses proches et ses favoris. On creusa pour le qân avec un grand nawûs : un caveau tapissé des plus belles tentures. On y déposa le qân avec ses armes, ainsi que la vaisselle d'or et d'argent de son palais, quatre jeunes filles esclaves et six esclaves mâles blancs favoris avec des vases pleins de boisson. Puis on mura la porte du caveau et on la recouvrit de terre si haut qu'il ressemble à une grande colline. On amena quatre chevaux qu'on fit courir près du tombeau jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent épuisés. On dressa sur la tombe une poutre à laquelle on suspendit les chevaux après leur avoir enfoncé une poutre dans l'anus de telle sorte qu'elle ressorte par la bouche. Les parents du qân, tués avec lui furent aussi ensevelis dans des caveaux avec leurs armes et la vaisselle de leurs maisons. On crucifia trois chevaux sur chacune des tombes des notables qui étaient au nombre de dix et un cheval sur les autres. Ce fut un jour mémorable (toute la population prend le deuil et participe aux funérailles. Certains proches restent pendant quarante jours à proximité de la tombe, d'autres même pendant un an).

Ibn Battuta, Voyages et périples, in Voyageurs arabes
Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard


Les rites funéraires