Lettre de Nicolas Witsen

Au cours du séjour qu'il fit en Hollande en 1698, Pierre Ier noua des liens d'amitié avec le bourgmestre d'Amsterdam, Nicolas Witsen. Celui-ci se passionnait pour les objets en or originaires de Sibérie qui arrivaient sur le marché. Il avait constitué une collection qu'il montra à son hôte et dont il lui offrit des pièces. Nicolas Witsen qui n'était jamais allé en Sibérie et qui avait séjourné quelques mois seulement à Moscou, en 1664, se montrait plus curieux que les Russes eux-mêmes de ces témoins de leur passé, comme l'atteste ce fragment de lettre.

Il y a de nombreuses années, en Sibérie, près de Tobolsk, de Tumen, de Verkhotourie et autres lieux, on a découvert dans les steppes des tumulus, d'abord par hasard, puis de façon délibérée. On y a trouvé des caveaux au sol tapissé de sable fin et, me semble-t-il, de bois ; leurs parois étaient couvertes de salpêtre. Il s'y trouvait des restes de défunts avec toute sorte d'ustensiles, des pendants d'oreille, des bracelets, des idoles, des chaînes et des vases métalliques, en argent et en cuivre. Au début, les paysans gardaient cela secret, mais ensuite les voïvodes locaux, des Moskovites, se mirent à recueillir ces objets, et, ne voyant en eux rien de rare ; ils les fondirent à cause de la valeur de leur matière.

In V. Schiltz, La redécouverte de l'or des Scythes Histoires des kourganes


Les Kourganes