extrait du livre de Nicolas Witsen

N. Witsen ne se contenta pas seulement de rassembler des objets, il les étudia et il s'intéressa aux peuples de Sibérie. L'ensemble des informations qu'il recueillit lui permit d'écrire un livre publié en 1692, dont parurent des rééditions augmentées de son vivant et même après sa mort ; il a le souci de mettre en relation ces objets avec les témoignages littéraires et de rapporter dans quelles circonstances ils ont été découverts.

En l'année 1688, le boyard Th. Golovine, voïvode et commissaire militaire en Sibérie, ayant descendu l'Irtych, arriva en un lieu nommé le Yam de Samara (=Kouibychev, sur la Volga). À un endroit situé un peu plus haut sur le cours du fleuve, un bloc colossal de terre rocailleuse, détaché du sommet des montagnes environnantes, s'était éboulé dans la rivière, entraînant dans sa chute un cercueil pareil à une caisse de bois qui contenait les ossements d'un homme mort depuis bien longtemps, ainsi que des fragments de bracelets en argent, un collier d'argent comme en portaient les païens dans l'Antiquité et un vase d'argent. Le boyard ci-dessus mentionné me donna ce vase comme souvenir en 1698, lorsqu'il était à la tête de l'ambassade extraordinaire envoyée de Moscou dans notre pays.

In V. Schiltz, op. cit.

Malheureusement, la collection de N. Witsen ne nous est connue que par les planches gravées de son ouvrage. Ses héritiers, aussi indifférents que bien d'autres à leur étrange beauté, ont vendu ces objets au poids de l'or, et ils ont disparu, les acquéreurs les ayant probablement fait fondre.


Les Kourganes