Sa nourrice tente de raisonner Médée qui veut affronter Jason


La nourrice : Retiens ce furieux élan, ma fille, c'est à peine si, en restant silencieuse et tranquille, tu peux te sauver.
Médée : La Fortune craint les forts, accable les lâches.
La nourrice : Le courage ne mérite l'éloge que lorsqu'il est à sa place.
Médée : Le courage est partout et toujours à sa place.
La nourrice : Nul espoir ne s'ouvre en ta catastrophe.
Médée : Qui n'a rien à espérer n'a à désespérer de rien.
La nourrice : Les Colchiens (= les compatriotes de Médée) sont partis ; tu ne peux te fier à ton mari ; tu n'as plus rien de toutes tes ressources.
Médée : Si, moi ; et, en moi, mer et terres et fer et feux et dieux et foudres. [...]
La nourrice : Tu mourras.
Médée : Je le désire.

Sénèque, Médée, v. 157-170 (trad. J. Bayet)


L'œuvre de Sénèque