Consolations à une mère qui vient de perdre son fils, âgé de vingt ans


De quoi donc, Marcia, souffres-tu ? Est-ce de ce que ton fils est mort ou de ce qu'il a vécu peu de temps ? Si c'est de ce qu'il est mort, tu aurais dû toujours souffrir, car tu as toujours su qu'il mourrait. Songe que les morts n'éprouvent plus aucun mal, que ce qui nous rend les Enfers redoutables n'est que légende. [...]

Avec la mort s'évanouissent toutes les souffrances ; c'est un terme au delà duquel nos malheurs ne passent point : elle nous replace dans la tranquillité où nous étions plongés avant de naître. Si donc vous plaignez les morts, plaignez aussi ceux qui ne sont pas nés. [...]

Ton fils a franchi les limites du domaine de la servitude ; il est au sein d'une paix profonde et éternelle.

Sénèque, Consolation à Marcia, XIX, 3-6


L'œuvre de Sénèque