Le sage et les richesses


Le sage ne se croit pas indigne des dons de la fortune : il n'aime pas les richesses, il les préfère ; il ne les accueille pas dans son coeur, mais dans sa maison ; il ne rejette pas celle qu'il possède, il les domine et veut qu'elles fournissent à sa vertu une plus ample matière.[...] Dans la pauvreté [...] il n'y a qu'un genre de vertu : ne pas fléchir ni se laisser déprimer ; au milieu des richesses, la tempérance, la libéralité, le discernement, l'économie, la magnificence ont le champ libre. [...] Chez moi les richesses, si elles s'écoulent, n'emporteront qu'elles-mêmes ; toi, tu demeureras stupide et tu te croiras abandonné de toi-même si elles s'éloignent de toi. [...] Pour tout dire, les richesses sont à moi ; toi, tu es aux richesses.

Sénèque, De Vita beata, XXI-XXII passim


L'œuvre de Sénèque