14 Le démon de Socrate


-"C'est quelque chose qui a commencé dès mon enfance, une certaine voix qui, lorsqu'elle se fait entendre, me détourne de ce que j'allais faire, sans jamais me pousser à agir. Voilà ce qui s'oppose à ce que je me mêle de politique"

Platon, Apologie de Socrate 31d

(après sa condamnation à mort)

-"Apprenez, juges, une chose merveilleuse qui m'est advenue. Mon avertissement coutumier, celui de l'esprit divin ,se faisait entendre à moi très fréquemment jusqu'à ce jour et me retenait, même à propos d'actions de peu d'importance, au moment où j'allais faire ce qui n'était pas bon.

Or [...] ni ce matin, quand je sortais de chez moi, la voix divine ne m'a retenu, ni à l'instant où je montais au tribunal, ni pendant que je parlais, en prévenant ce que j'allais dire.

Bien souvent pourtant elle m'a fait taire, au beau milieu de mon propos. Mais aujourd'hui, au cours de l'affaire, pas un instant elle ne m'a empêché de faire ou de dire quoi que ce soit. A quoi dois-je l'attribuer ?

Je vais vous le dire. C'est que, sans doute, ce qui m'arrive est bon pour moi et bien certainement c'est nous qui nous trompons lorsque nous nous figurons que la mort est un mal. Oui, ceci en est pour moi une preuve décisive. Il n'est pas admissible que mon signe ordinaire ne m'eût pas arrêté si ce que j'allais faire n'eût pas été bon".

Platon, Apologie de Socrate 40a-c


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