5 Un fils irrité contre sa mère...


Socrate a rappelé à son fils, Lamproclès, tout ce que sa mère a fait pour l'élever correctement.

(Lamproclès) "Je veux bien qu'elle ait fait tout cela et cent fois plus encore; mais personne ne pourrait s'accommoder de sa méchante humeur. [...] - Est-ce qu'elle t'a jamais blessé d'un coup de dent ou d'une ruade comme beaucoup de gens en ont reçu des bêtes ? - Non, par Zeus, mais elle dit des choses que, pour rien au monde, on ne voudrait entendre.

- Et toi, reprit Socrate, te doutes-tu combien de pénibles ennuis tu lui as causés, jour et nuit, dès le berceau, par tes cris, tes actions et tes mouvements d'humeur, et quels chagrins quand tu étais malade ? [...] Et toi, qui sais que, quoi que dise ta mère, elle le dit sans songer à mal et qu'au contraire, elle te veut plus de bien qu'à personne au monde, tu te fâches contre elle ? Ou crois-tu que ta mère te veuille du mal ? - Non certes, dit-il, je ne le crois pas.

- Et alors, dit Socrate, cette mère si bien disposée pour toi qui, lorsque tu es malade, prend tous les soins possibles pour te ramener à la santé, [...] qui, en outre, prie les dieux de te combler de biens [...], cette mère-là tu la trouves insupportable ? Pour moi, je pense que si tu ne peux supporter une telle mère, tu ne peux supporter ce qu'il y a de bon au monde".

Xénophon, Mémorables, II, 2 (trad.Chambry, ed. Garnier)


retour à l'homme Socrate