La passion de Médée

(Le choeur) Où se précipite la sanglante Ménade emportée par son sauvage amour ? Quel crime prépare-t-elle avec une fureur qu'elle ne peut maîtriser? Son regard tremblant de rage se fige et, secouant la tête d'un mouvement farouche, l'orgueilleuse a le front de menacer le roi. Qui pourrait croire qu'elle est exilée ? Ses joues sont toutes rouges de feu, la pâleur chasse ce feu. Elle passe sans cesse d'une couleur à l'autre, ses traits ne font que changer. Elle porte les pieds ici, puis là, comme une tigresse privée de ses petits, qui parcourt en une course furieuse les forêts du Gange. Médée ne sait mettre de frein ni à ses rages ni à ses amours : maintenant colère et amour ont fait cause commune ; quelle va être la suite ?

Sénèque, Médée, v. 849-869



Vénus