Un luxe ostentatoire


Des sardoines, des émeraudes, des diamants, des opales, voilà, Severus, ce que mon cher Stella fait tourner autour d'un même doigt. Tu trouveras bien des perles à ses phalanges, mais plus encore dans ses poèmes : c'est là, je suppose, qu'il a pris la parure de sa main.

Martial, Épigrammes, V, 11

Tu vois, Rufus, cet individu qui se prélasse au premier rang des sièges : même à cette distance, on voit briller sa main parée de sardoines. Son manteau a bien des fois absorbé la pourpre de Tyr et sa toge est d'une étoffe faite pour surpasser la neige immaculée. Sa chevelure luisante emplit de son parfum tout le théâtre de Marcellus et ses bras, épilés et glabres, offrent aux yeux une éclatante blancheur ; ses lacets de soulier, qui ne sont même pas vieux d'un jour, retombent sur sa chaussure à lunule (= croissant) ; un souple cuir revêt d'écarlate son pied sans le blesser et nombre de mouches parsèment son front d'étoiles. En veux-tu savoir la raison ? Enlève ses mouches, et tu la liras (1)

(1) Elles dissimulent les marques du fer, dues à sa condition première d'esclave.

Martial, Épigrammes, II, 29


Le vêtement masculin