Une garde-robe bien fournie.


De même que l'Hybla en fleurs se colore de nuances diverses, lorsque les abeilles de Sicile saccagent un printemps trop court, de même tes manteaux superposés font une bigarrure à ta garde-robe, et de même ton coffre brille de toutes les teintes de tes innombrables vêtements d'intérieur ; enfin tes toges blanches pourraient habiller une tribu tout entière, - ces toges dont la laine t'arrive d'Apulie, recueillie sur plus d'un troupeau. Mais toi, tu regardes avec indifférence ton ami, - quelle indignité ! - subir court-vêtu les assauts de l'hiver, et le client qui te fait escorte grelotter dans ses guenilles. Quel sacrifice y aurait-il, pauvre homme ! à dérober deux bandes d'étoffe - pourquoi protestes-tu, Naevolus ? - non pas à toi, mais aux mites ?

Martial, Épigrammes, II, 46.


Le vêtement masculin