De l'art de la coiffure...


C'est la simple élégance qui nous charme. Que votre coiffure ne soit pas en désordre. Les mains (de la coiffeuse) augmentent la beauté ou la retirent. Il est plusieurs manières d'arranger (vos cheveux) ; une femme doit choisir celle qui lui sied le mieux et, avant tout, consulter son miroir. Un visage allongé demande des cheveux séparés sur le front et sans aucun ornement ; telle était la coiffure de Laodamie. Les relever en un petit chignon au-dessus du front, de manière à dégager les oreilles, voilà ce que veut une figure ronde. Telle jeune femme laissera flotter ses cheveux sur ses épaules ; [...] une autre les noue par derrière, comme le fait habituellement Diane lorsque, la tunique courte et relevée, elle poursuit le gibier effrayé. Des cheveux bouffants et libres conviennent à l'une, l'autre les resserrera en dents et boucles. Il faut à celle-là l'ornement d'un peigne de Cyllène ; celle-ci veut des ondulations semblables aux flots de la mer. [...]

Combien la nature est secourable à vos charmes, puisque vous avez mille moyens d'en réparer les outrages ! Nous, (= les hommes), nous nous déplumons fâcheusement et nos cheveux, emportés par l'âge, tombent comme les feuilles de l'arbre que secoue l'Aquilon. La femme, (elle), teint ses cheveux blancs avec des herbes de Germanie et leur procure artificiellement une nuance plus séante que la couleur naturelle. La femme, elle, s'avance parée d'une très épaisse chevelure qu'elle a achetée et, à prix d'argent, les cheveux d'une autre deviennent les siens.

Ovide, L'art d'aimer, III, v. 133-166 passim.


Le vêtement féminin