Madame veut se faire belle...


Elle a pris un rendez-vous. Elle veut être plus belle que d'ordinaire. Elle se dépêche, car déjà on l'attend aux jardins , ou plutôt au sanctuaire d'Isis, la déesse entremetteuse. La pauvre Psecas (= l'ornatrix), cheveux arrachés, épaules nues, poitrine découverte, est en train de la coiffer. "Cette boucle est trop haute. Pourquoi cela ?" Le nerf de buf punit sans délai ce crime, ce forfait d'un frison manqué. Qu'a donc fait Psecas ? Est-ce sa faute, à cette fille, si ton nez te déplaît ? Une autre, du côté gauche, brosse les cheveux, les peigne, les roule en anneaux. Assiste à la délibération une vieille esclave de famille qui, après de longs services, est passée du peigne à la quenouille. C'est elle qui, la première, donne son avis. Les plus jeunes opineront ensuite, par rang d'âge ou de mérite. On dirait qu'il y va de l'honneur ou de la vie, tant elle a souci d'être belle. Que d'étages superposés, quelles substructures dans cet édifice dont elle charge et surélève sa tête ! Vue de face, on la prendrait pour une Andromaque(1). Vue de dos, sa taille diminue, on dirait une autre femme.

(1) d'après la tradition, Andromaque était de grande taille

Juvénal, Satires, VI, 486-504


Le vêtement féminin