Une maîtresse de maison (la femme de l'affranchi Trimalcion) très élégante...


(Fortunata) vint donc, la robe relevée dans une ceinture vert pâle, qui laissait voir par-dessous une tunique cerise, et des anneaux de jambes à torsades et des mules blanches brodées d'or. [...] Elle se met sur le divan où était installée Scintilla, la femme d'Habinnas. [...] Fortunata, détachant ses bracelets de ses bras lourds de graisse, les offrit à l'admiration de Scintilla. Elle ôta jusqu'aux anneaux de ses chevilles, et même jusqu'à sa résille dorée qu'elle affirmait être d'or vierge. Trimalcion s'aperçut du manège et se fit apporter le tout : "Vous voyez, dit-il, tout ce dont une femme peut s'entraver : voilà comment, bonnes bêtes, nous nous laissons dépouiller. Elle doit en avoir six livres et demie. Et pour ma part, je n'en ai pas moins un bracelet de dix livres que j'ai fait faire avec les millièmes voués à Mercure." Finalement, pour nous montrer qu'il disait vrai, il fit apporter une balance et tous à la ronde durent vérifier le poids. Scintilla, non moins vaniteuse, détacha de son cou un petit coffret d'or, qu'elle appelait son porte-bonheur, en tira deux pendants d'oreilles qu'elle fit à son tour admirer à Fortunata : "C'est un cadeau de mon mari, dit-elle, personne n'en a de plus beaux." - "Parbleu, dit Habinnas, tu m'as saigné à blanc pour t'acheter ces fèves de verre. De vrai, si j'avais une fille, je lui couperais les oreilles."

Pétrone, Satiricon, LXVII


Le vêtement féminin