Épouvante devant la mer ...

Argent, argent, c'est toi qui [...] envoies Petus, toutes voiles dehors, vers Pharos et l'Égypte : une fois, deux fois, la mer est démontée et l'engloutit. C'est pour courir après toi que le malheureux périt à la fleur de l'âge, que son corps flotte dans les mers lointaines et qu'il sert de pâture toute fraîche aux poissons : ta mère ne t'apportera point le tribut sacré d'un peu de terre ; elle ne pourra pas t'inhumer parmi tes parents ; maintenant les oiseaux marins planent au-dessus de tes restes ; maintenant tu as pour tombe toute la mer de Carpathos.

Funeste Aquilon, toi la terreur et le ravisseur d'Orithye, quel profit, quelles dépouilles as-tu retirés de là ? Neptune, pourquoi te réjouis-tu d'avoir brisé ce navire ? Sa coque portait des innocents. Pétus, à quoi bon invoquer ta jeunesse ? à quoi bon, tandis que tu te débats sur les flots, répéter le nom de ta mère chérie ? l'onde ne connaît pas de dieux.

Properce, Élégies, III, 7, v. 1-18



Le voyage à Rome