Le bon endroit pour fonder une ville

Pour l'emplacement à donner à la ville, [...] il (= Romulus) le choisit avec un bonheur incroyable. Il ne voulut pas s'établir au bord de la mer, ce qui lui eût été très facile avec la troupe et les ressources dont il disposait. [...] En homme de haute prévoyance qu'il était, il vit et comprit que les emplacements maritimes ne conviennent pas aux villes fondées avec des espérances de durée et d'empire, en premier lieu parce que les villes maritimes sont exposées à des dangers, non seulement nombreux, mais cachés. Sur la terre ferme beaucoup d'indices annoncent la venue de l'ennemi, attendue ou même soudaine, le bruit qu'il fait, le retentissement de sa marche trahissent sa présence ; il n'est point d'ennemi qui puisse fondre sur nous que nous ne sachions non seulement qu'il est là mais qui il est, d'où il vient. Un ennemi qui vient par mer peut être arrivé avant que nous soupçonnions qu'il arrive, rien n'annonce quel est ce navigateur, ni d'où il vient ni ce qu'il veut ; et l'on ne peut discerner par aucun signe s'il est inoffensif ou animé d'intentions hostiles.

Cicéron, de Republica,, II, 3

(trad. Appuhn)



Le voyage à Rome