Germanicus remonte le Nil

Il visita les vestiges grandioses de l'ancienne Thèbes. Sur les constructions colossales subsistaient encore des caractères égyptiens, qui retraçaient son antique opulence : invité à traduire la langue de ses pères, un des vieux prêtres expliquait que la ville avait eu jadis sept cent mille hommes en âge de faire la guerre et qu'avec cette armée Rhamsès avait conquis la Lybie et l'Éthiopie, les Mèdes et les Perses, la Bactriane et la Scythie.[...] Cependant Germanicus appliqua aussi son attention à d'autres merveilles, notamment la statue de pierre de Memnon qui, frappée par les rayons du soleil, rend le son de la voix et, au milieu des sables mouvants et presque impraticables, telles des montagnes, les pyramides, dressées par l'émulation et l'opulence des rois, et les lacs creusés dans le sol pour recevoir les eaux surabondantes du Nil, et ailleurs les défilés du fleuve et la profondeur de ses abîmes, dont nul ne peut sonder les dimensions. De là il se rendit à Éléphantine et à Syène, anciennes barrières de l'empire romain, qui s'étend aujourd'hui jusqu'à la mer Rouge.

Tacite, Annales, II, 60-61




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