Un empereur histrion

Il (= Néron) n'en mit pas moins d'empressement à recruter partout des adolescents de familles équestres et plus de cinq mille jeunes plébéiens des plus robustes, pour leur faire apprendre, après les avoir divisés en factions, différentes sortes d'applaudissements, nommés bourdonnements, bruits de tuiles et de tessons, afin d'être soutenu par eux lorsqu'il chantait ...

Il y (= Naples) fit son entrée sur un char attelé de chevaux blancs, par une brèche ouverte dans la muraille, comme c'est l'usage pour les vainqueurs des jeux sacrés ; il entra de même [...] à Rome ; mais, en outre, à Rome il était sur le char qui avait servi autrefois pour le triomphe d'Auguste, vêtu de pourpre, avec une chlamyde parsemée d'étoiles d'or, la couronne olympique sur la tête, et la couronne pythique à la main droite, précédé d'un cortège portant ses autres couronnes, avec des pancartes qui mentionnaient en quel lieu, de quels concurrents, pour quel chant ou pour quelle pièce il avait triomphé ; son char était suivi, comme pour les ovations, de ses applaudisseurs, qui ne cessaient de crier : "Nous sommes les Augustians et les soldats de son triomphe."

Suétone, Vies des douze Césars, Néron, 21 et 25



Voyages officiels