Au cirque

Voici que, pendant ce temps, au signal de la serviette, les Jeux Mégalésiens se déroulent en l'honneur des fêtes ordinaires de la déesse de l'Ida. Tel un triomphateur, le préteur est assis, en train de se faire ruiner par les chevaux. Soit dit sans vouloir froisser le peuple immense qui déborde, Rome aujourd'hui est tout entière au cirque. Des acclamations frappent mon oreille : j'en conclus à la victoire de la loque verte (1). Si elle succombait, on verrait cette ville dans une morne tristesse, comme au jour où les consuls se firent battre dans la poussière de Cannes. Permis aux jeunes gens de regarder ces choses. Les cris, les paris hasardeux, le voisinage d'une jeune fille en toilette, tout cela est de leur âge. Nous autres, mettons toge bas et que notre peau ridée absorbe le soleil printanier !

(1) Les deux factions au cirque étaient les "Bleus" et les "Verts"

Juvénal, Satires, XI, 194-204



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