Contre les astrologues

Contre ceux qui s'appellent Chaldéens ou tireurs d'horoscopes et qui se vantent de pouvoir prédire l'avenir d'après le mouvement et la position des astres, nous avons jadis entendu le philosophe Favorinus disserter à Rome en langue grecque. Voulant détourner et détacher les jeunes gens de ces tireurs d'horoscopes et d'autres de la même espèce, qui promettent de prédire l'avenir par des moyens extraordinaires, il concluait qu'il ne fallait en aucune façon aller les trouver et les consulter par les arguments suivants : "Ils vous prédisent, dit-il, un avenir malheureux ou un avenir heureux. S'ils le prédisent heureux et qu'ils se trompent, tu deviendras malheureux par une attente vaine ; s'ils le prédisent malheureux et qu'ils mentent, tu deviendras malheureux par une appréhension vaine. Si, au contraire, leurs prédictions sont exactes et que les événements prédits ne sont pas heureux, tu deviendras, en conséquence, malheureux en esprit avant de l'être par le sort. S'ils promettent le bonheur et qu'il arrive, alors il y aura, assurément, deux inconvénients : l'attente d'une espérance te lassera à force d'incertitude et cette espérance aura défloré déjà le fruit futur de la joie. Donc, en aucune manière, il ne faut avoir recours à ces hommes qui prédisent l'avenir."

Aulu-Gelle, Nuits attiques, XIV, 1

(trad. E. Girard)



Voyages professionnels