De jeunes Romains à Athènes

Nous résolûmes, d'un commun accord, d'aller l'après-midi faire une promenade à l'Académie, surtout parce que c'était l'heure où il ne s'y trouvait absolument personne. Nous fûmes tous au rendez-vous chez Pison. De là, tout en causant de choses et d'autres, nous fîmes les six stades de la porte Dipyle à l'Académie. Arrivés dans ces parages si justement célèbres, nous trouvâmes la solitude que nous voulions.

"Est-ce disposition naturelle", dit alors Pison, "ou bien je ne sais quelle illusion? Mais, quand nous voyons les lieux où nous savons que les hommes dignes de mémoire ont beaucoup vécu, nous sommes plus émus que quand nous entendons parler d'eux ou que nous lisons quelqu'un de leurs écrits. Ainsi moi, en ce moment, je suis ému. Platon se présente à mon esprit, Platon qui le premier, dit-on, fit de cet endroit le lieu habituel de ses entretiens; et les petits jardins, qui sont là près de nous, non seulement me rendent présente sa mémoire, mais me remettent pour ainsi dire son image devant les yeux."

Cicéron, de Finibus, V,1-2.



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