Une traversée dramatique

Déjà le navire avait sa cale à moitié pleine d'eau ; déjà, comme les vagues le renversaient tantôt sur un bord, tantôt sur l'autre, il n'y avait plus qu'un mât vacillant et l'expérience du timonier à cheveux blancs n'était plus d'aucun secours : alors Catulle entreprit de composer avec les vents en jetant sa cargaison, [...] résolu à précipiter jusqu'aux plus belles choses, des étoffes de pourpre dont auraient pu s'accommoder des efféminés comme Mécène [...]. Il n'hésitait pas non plus à jeter son argenterie [...]. Ajoute encore des bassins, des assiettes sans nombre et force métal ciselé. [...] Catulle jette donc la plus grande partie de sa vaisselle, mais ce sacrifice même reste sans effet. Alors, pressé par le malheur, il retombe à l'expédient d'abattre son mât avec le fer, et il se tire du mauvais pas : extrémité dernière quand nous n'avons, pour sauver le navire, d'autre ressource que de le mutiler !

Juvénal, Satires, XII, v. 29-56 passim



voyages par mer