Noblesse des études scientifiques

Ne pas se borner, comme les animaux, à contempler du regard ces merveilles ni, en se penchant vers le sol, à repaître son corps alourdi ; se rendre un compte réel des choses et en rechercher les causes incertaines ; sanctifier son intelligence et dresser sa tête vers les cieux ; savoir le nombre et la nature des éléments qui ont formé le monde à l'origine ; [...] connaître le mouvement du soleil, savoir pourquoi la lune, avec sa marche d'autant plus courte que son orbite est moindre, accomplit douze fois par an sa révolution, alors que le soleil ne l'accomplit qu'une fois ; savoir quels astres ont une route fixe, quels astres ont une marche errante et irrégulière ; connaître même la succession des constellations et les lois qui leur sont imposées ; [...] savoir pourquoi l'année a des saisons variées ; [...] connaître les routes de la mer, apprendre à l'avance les mouvements du ciel ; [...] bref, ne pas souffrir que toutes les merveilles étendues devant nous dans le vaste univers restent dispersées au hasard et ensevelies dans la masse des phénomènes, mais au contraire les distinguer par leurs caractères propres et les disposer chacune à une place bien déterminée, voilà pour l'esprit un plaisir divin, un plaisir délicieux.

Mais le premier des soucis pour l'homme, maître de la terre, est d'étudier son domaine, d'observer les merveilles que la nature a mises aujourd'hui sous ses yeux. C'est là une tâche grandiose qui nous rapproche des astres célestes.

L'Etna, v. 223-253, passim



La littérature et le voyage