Regardons d'abord chez nous ...

Des curiosités qui nous font mettre en route, passer la mer, nous laissent indifférents si elles se trouvent à la portée de nos yeux ; soit que la nature ait voulu que, peu soucieux de ce qui est proche de nous, nous recherchions ce qui est éloigné, soit que les désirs de toute espèce se calment quand leur objet est à portée, soit que nous soyons peu pressés, nous disant que nous verrons souvent ce qu'il est donné de voir chaque fois qu'on se résout à une décision. Qu'elle qu'en soit la raison, il y a bien des curiosités, dans notre ville et auprès, que nous ne connaissons ni par nos yeux ni par nos oreilles. Or, si elles se fussent présentées en Grèce, en Égypte, en Asie ou dans tout autre pays fertile en merveilles et soucieux de réclame, récits, lectures détaillées, visites des lieux auraient fait de nous des gens informés.

Pline le Jeune, VIII, 20



La littérature et le voyage