Que l'Italie est belle !

Il n'est pas de merveilles qui ne le cèdent à la terre romaine ; la nature y a rassemblé tout ce qui était épars ailleurs. [...]

C'est chez nous que tu coules, ô fleuve de Tibur, Anio ; chez nous, le Clitumne qui descend d'un sentier ombrien et l'aqueduc de Marcius, cet ouvrage immortel ; les lacs d'Albe et d'Aricie à la commune source et l'onde salutaire que but le coursier de Pollux. Point de cérastes glissant sur leur ventre squameux ; l'eau coule en Italie sans prodiges et sans monstres ; [...] de cruelles Bacchantes ne donnent point la chasse à Penthée dans les bois ; on ne voit point une biche, par substitution, faire lever l'ancre à la flotte grecque ni Junon s'employer à mettre des cornes sur le front de sa rivale, à déshonorer, à salir sa beauté en la changeant en génisse . [...] Voilà, Tullius, ta patrie, le plus beau des séjours ; les honneurs dignes de ta maison, les citoyens dignes de ton éloquence, ils sont ici ; ici t'attend le vaste espoir d'une nombreuse postérité et l'amour, le parfait amour de celle qui sera ta femme.

Properce, Élégies, III, 22, v.17-18 et 23-42 passim



La littérature et le voyage