Quelle folie de se lancer sur les mers !

Tu cours, marchand infatigable, au bout du monde, jusqu'aux Indes, fuyant la gêne à travers la mer, les rochers, les flammes. Pour t'ôter le souci de ces faux biens dont tu t'engoues et que tu souhaites dans ta déraison, ne veux-tu pas apprendre, écouter, te fier à plus sage que toi ? Quel est le lutteur ambulant de villages ou de carrefours qui dédaignerait d'avoir la couronne aux grands jeux d'Olympie si on lui faisait espérer, si on lui assurait d'avance la douceur de la palme sans la poussière du combat ?

Horace, Épitres, I, 1, v. 45-51



La littérature et le voyage