Le voyage en Grèce


Comme nous l'avons dit, le Grec a naturellement la vocation du voyage et de l'aventure, mais il y est contraint aussi, dès l'époque archaïque, par la nécessité d'assurer sa subsistance. Dès les origines cet habitant d'un pays pauvre se fait... pirate (Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponèse). Par la suite, ceux qui se déplacent sont essentiellement des négociants, qui pourront pratiquer, éventuellement, le commerce au long cours. C'est ainsi que, pour des raisons économiques d'abord, puis politiques, les Grecs fonderont des comptoirs, puis des colonies, qui deviendront de nouveaux foyers de civilisation hellène, non seulement dans les Cyclades mais aussi en Asie Mineure, en Italie du Sud , puis jusqu'en Espagne, en Gaule ou en Libye (la Cyrénaïque).

Qui voyage à l'époque classique ? On prend la mer ou la route, évidemment, pour rendre visite à sa famille ; avec le développement des relations entre les cités puis, au Ve siècle, l'hégémonie athénienne en mer Égée (Confédération de Délos), les voyages diplomatiques (envois de légations, d'ambassades) se multiplient ainsi que les déplacements individuels : commerçants, artisans (par exemple des sculpteurs pour la construction des grands sanctuaires ou des ivoiriers, très demandés eux aussi). Les hérauts (déclarations officielles, négociations de ville à ville) se déplacent, couronne d'olivier sur la tête, et caducée à la main ; médecins, artistes, sophistes et philosophes, devins ou poètes (Hérodote, Histoires) vont de ville en ville ou d'île en île. Mais les grands déplacements sont des déplacements collectifs qui se font surtout à l'occasion de grandes fêtes le plus souvent religieuses.

Notons enfin que, pour préparer son voyage, l'homme grec, pendant très longtemps, ne disposa pas de cartes. Celles-ci semblent avoir existé à une époque antérieure à Hérodote : Anaximandre et Hécatée de Milet en avaient établi : l'une d'elles, gravée sur du bronze, fut un jour présentée aux Spartiates (Hérodote, Histoires). Mais ce n'est qu'avec les expéditions d'Alexandre que l'on put disposer de "Guides d'étapes" indiquant distances et relais ou de "Périples" (comme celui de Néarque, l'amiral de la flotte d'Alexandre) décrivant les mouillages, les écueils et les îles rencontrées ainsi que les distances entre les stations.


LE VOYAGE DANS L'ANTIQUITÉ