Conclusion


Le voyageur grec, entre le Ve et le IIIe siècles a vu son horizon s'élargir, certes, mais cette découverte du monde n'a cessé d'être offerte qu'à un petit nombre de privilégiés. Les sophistes, par exemple, sont des conférenciers voyageurs, mais reviennent souvent aux mêmes endroits ; en revanche Socrate, qui se disait "citoyen du monde" n'est sorti d'Athènes que pour une expédition militaire et, plus tard, les pionniers du stoïcisme ont fort peu voyagé. Les plus riches se contentent de tourisme médical pour chercher à guérir leurs maladies (sanctuaires d'Amphiaraos à Oropos, de Tricca en Thessalie et surtout d'Épidaure). Dans la succession des jours ils peuvent faire de petites excursions à la campagne pour y chasser ou simplement "pique-niquer". Toutefois le rêve d'une vie à la campagne n'existe pas pour le citadin, qui considère toujours le paysan comme un rustre ; l'archéologie a certes découvert quelques belles villas, de riches résidences secondaires (Chariton, Chairéas et Callirhoè) mais elles étaient construites sur le modèle d'une maison de ville. Quant aux gens ordinaires, ils ne connaissent que des voyages courts, le plus souvent collectifs (aux panégyries par exemple, et à condition qu'ils habitent près du lieu concerné), avec de mauvaises conditions de voyage et d'hébergement, voyages soumis, de surcroît, aux conditions climatiques, toutes circonstances qui constituent un frein considérable à l'invitation au voyage.



LE VOYAGE DANS L'ANTIQUITÉ