La forge de Vulcain

Une île se dresse entre le rivage de Sicile et l'Éolienne Lipari, abrupte, aux rocs fumants. Sous ces rocs, un antre et des cavernes que les foyers des Cyclopes ont rongées, toutes pareilles à celles de l'Etna, font un bruit de tonnerre ; on entend des coups rudes et le gémissement des enclumes, l'éclat strident et souterrain des masses de fer des Chalybes, le halètement du feu dans les fournaises : c'est la demeure de Vulcain, et la terre se nomme la Vulcanie. C'est là que l'Ignipotent descend alors des hauteurs du ciel. Dans un antre immense, les Cyclopes, Brontès et Stéropès et Pyracmon tout nu, travaillaient le fer. Ils avaient façonné et poli en partie un de ces foudres que le Père des dieux lance si souvent de tous les points du ciel sur la terre ; l'autre partie restait inachevée. Ils y avaient ajouté trois rayons de grêle, trois de pluie, trois de feu rutilant et trois de rapide Auster ; maintenant ils mêlaient à leur ouvrage les éclairs terrifiants, le fracas, l'épouvante et la colère aux flammes dévorantes.

Virgile, Énéide, VIII, v.416-432


VULCAIN