Quand le ton monte entre les époux...



[...] aussitôt à Zeus, fils de Cronos, elle adresse ces mots mordants : "Avec quel dieu encore viens-tu de comploter, perfide ? Tu te plais toujours, loin de moi, à décider d'un coeur secret ; et jamais encore tu n'as daigné me dire de toi-même à qui tu songeais."

Le Père des dieux et des hommes lors lui répond ainsi : "Hèrè, n'espère pas connaître tous mes desseins. Même toi, mon épouse, tu auras fort à faire pour y parvenir. S'il en est qu'il sied que tu saches, nul dieu, nul homme ne les connaîtra avant toi. Sur ceux, en revanche, à qui je veux songer à l'écart des dieux, ne fais jamais de questions ni d'enquête."

L'auguste Hèrè aux grands yeux lui répond : "Terrible Cronide, quels mots as-tu ditslà ? Certes jusqu'à ce jour tu n'as de moi subi ni question ni enquête, et je te laisse en paix méditer tout ce qu'il te plaît. Mais aujourd'hui j'ai terriblement peur dans le fond de mon âme que la fille du Vieux de la mer, Thétis aux pieds d'argent, ne t'aie su séduire. [...]

L'assembleur de nuées, Zeus, ainsi lui réplique : " Ah ! pauvre folle, toujours prête à imaginer ! De moi rien ne t'échappe. Mais tu auras beau faire : tu n'obtiendras rien, si ce n'est d'être de plus en plus loin de mon coeur et il t'en coûtera plus cher.

Homère, Iliade, I, v. 540-563


Zeus s'adresse à son fils Arès, blessé

"Ne viens pas, tête à l'évent, gémir ici à mes pieds. Tu m'es le plus odieux de tous les Immortels qui habitent l'Olympe. Ton plaisir toujours, c'est la querelle, la guerre, et les combats. Ah ! tu as bien l'emportement intolérable, sans rémission, de ta mère, de cette Hèra que j'ai tant de peine à dompter avec des mots. Aussi, je crois, si tu pâtis, que tu le dois à ses conseils.

Homère, Iliade, V, v. 889-894


Héra