Les errances de Lèto


Le poète s'adresse à Dèlos, seule terre à accueillir Léto sur le point d'accoucher d'Apollon et Artémis

Tu n'avais pas tremblé devant les fureurs d'Hèra. Sa colère grondait contre toutes les femmes qui donnaient des enfants à Zeus, contre Lètô surtout, la seule qui dût, par lui, mettre au monde un fils plus chéri qu'Arès. Elle-même, du haut de l'éther, dans son ire violente, indicible, elle guettait, elle fermait tout asile à Lètô déchirée par les douleurs. Elle avait deux sentinelles à surveiller la terre ; l'une gardait le continent, et c'était, sur la haute cime de l'Hémos de Thrace, Arès le Fort, en armes, ses deux chevaux au repos près de l'antre de Borée aux sept replis ; l'autre gardait les vastes îles : et c'était, envolée au sommet du Mimas, la fille de Thaumas (=Iris). Tenant leur faction, ils menaçaient toutes les villes d'où s'approchait Lètô et les détournaient de la recevoir. Et l'Arcadie la fuyait et [...] toute la terre de Pélops, proche de l'Isthme ; [...] elle n'en foulait pas les chemins car le pays d'Inachos est le lot d'Hèra. [...] Lètô, se détournant reprit sa course. Et quand elle vit reculer devant elle encore les villes d'Achaïe [...] elle rebroussa chemin vers la Thessalie. Mais l'Anauros s'enfuit [...] et le Pénée qui serpente au val de Tempé. Héra, ton coeur restait impitoyable....

Callimaque, Hymnes, IV, v. 55-106 passim


Héra