L'enlèvement d'Europe


Le père, l'illustre roi des dieux, revêt l'aspect d'un taureau et, s'étant mêlé à de jeunes taureaux, il mugit et se promène, magnifique, au milieu des herbes tendres [...] Son expression est toute de paix. La fille d'Agénor (= Europe) s'étonne de sa beauté, de son manque apparent de combativité [...]

Bientôt, elle approche de l'animal, tend des fleurs vers son mufle blanc. Lui, tantôt joue avec elle et bondit sur l'herbe verte, tantôt étend ses flancs de neige sur le sable blond. La princesse royale, alors, ignorant qui elle étreignait, ose s'installer sur le dos du taureau. Alors le dieu, insensiblement, quitte la partie sèche du rivage et s'avance au bord de l'eau, puis, plus loin encore : il emporte sa proie au large.

La jeune fille prend peur de se sentir enlevée, se retourne pour regarder le rivage qu'elle quitte ; elle tient une corne en sa main droite, l'autre est posée sur le dos de l'animal et le souffle du vent fait trembler et onduler les plis de son vêtement.

Ovide, Métamorphoses, II 848 et suiv.


Zeus